Archives pour la catégorie Cinéma

Kara Hayward, maudite aimée

Drôle de voir apparaître, dans deux films vus à quelques semaines d’intervalle, le couple de ‘kids’ de « Moonrise Kingdom », la première fois dans le « Paterson » de Jarmusch, film qui m’a profondément agaçé et « Manchester by the sea », hier, dont le pouvoir se nourrit à la fois de l’émotion et de l’aplat presque constant des eaux du paysage du film et du visage de Casey Affleck.
Deux façons de filmer un personnage masculin taiseux, une idée du calme (qui cache -mal, le regard d’Affleck étant d’une intensité rare- la tragédie et -mal, mais pour d’autres raisons -la sérénité et la joie d’être présent à la vie) mais une idée de casting géniale dans le deuxième film, là où « Paterson » se plante.
Les deux films font une citation du film d’Anderson: amusée chez Jarmusch, qui emploie à la fois la fille ET le garçon (Jared Gilman) issus du « couple originel », les « pose » dans le bus de Paterson, les transpose à notre époque et laisse pour ainsi dire la caméra tourner (le lien ne s’est apparemment pas défait entre les deux acteurs), sans se détourner de sa position un peu condescendante d’observateur de l’adolescence révoltée, quand elle est émue et profondément respectueuse chez Lonergan, qui filme cette jeune fille, Kara Hayward et plus que son visage (étonnamment protéiforme), son corps, grandi et justement encore un peu trop grand, qui ne trouve pas sa place face à un autre des personnages de « Moonrise Kingdom », le « bad scout » tardivement repenti, Lucas Hedges. Le personnage de Silvie qu’elle incarne dans « Manchester (…) » porte de drôles de stigmates, comme celui de Suzy Bishop dans « Moonrise… », où elle était magnifique et inquiétante, avec son strabisme léger, son air buté, son inadaptabiltié et sa colère. Dans le film de Lonergan, bien que doux, aimant, poli, le personnage n’est pas sauvé. Il est condamné, sans raison apparente que l’intuition, par le ressenti du personnage principal (« I don’t like her ») et le neveu, Patrick, lui préférera son autre petite amie.
Kara Hayward, maudite magnifique, aimée et démultipliée, déjà comme un rêve de cinéma.

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PUNK WINONA

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GIRLS

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Films de filles

Deux ouvertures à l’aube, deux héroines mythiques et à chaque fois une très intéressante mise en scène

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Miyazaki réinterprété en collages

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 Dans l’ordre, « Totoro », « Le château ambulant », « Princesse Mononoké », « Le voyage de Chihiro » et enfin « Kiki la petite sorcière ».

Je trouve les associations de couleurs très élégantes, j’ai une préférence pour les deux premières et les deux dernières qui font preuve d’un vrai sens de la composition et d’une plus grande part d’interprétation. En tous cas j’en accrocherais bien une dans ma chambre!

(via http://memorian.tumblr.com/post/8987958759)

Belle épine

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Prudence Friedmann a 17 ans. Elle vit seule en banlieue parisienne dans un appartement lourd de l’absence de sa mère, morte quelques semaines auparavant. Son père est on ne sait où, sa grande soeur vient quelques rares fois lui rendre visite.

Pour ne pas « laisser la mort grignoter la vie », comme disait Chabrol, elle va frayer avec ceux qui la provoquent sans cesse: les motards de Rungis.

La jeune réalisatrice Rebecca Zlotowski signe un premier film simple et beau, difficilement localisable dans le temps (sommes-nous en 1975? En 1990?), aussi silencieux et âpre que l’héroïne dont on suit la prise de risques avec émotion, lumineusement incarnée par une Léa Seydoux que la caméra ne lâche pas une seconde, fixant les derniers vestiges de son adolescence (« ce sera mon dernier film en tant que jeune fille » dit l’actrice âgée de 25 ans).

Pleine de promesses, une oeuvre qui rappelle l’américain James Gray dans l’interêt pour les personnages écorchés-vifs, charismatiques et peu volubiles, les paysages périphériques et la mise en scène austère et élégante.

Belle épine dans Cinéma

 

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Steven aka GOD « inside the Actors Studio »

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Les séances à l’Actors studio sont toujours des puits de connaissance pour les cinéphiles. Le génie de l’écrivain et poète James Lipton, membre honorifique de l’Actors Studio réside avant tout dans l’abilité à mettre ses invités à l’aise. Ces derniers sont conscients du prestige de se trouver à cet endroit, mais également qu’ils sont entourés d’étudiants acteurs, réalisateurs, scénaristes… De vrais amoureux du cinéma, encores vierges de l’expérience des grands studios.

Ils peuvent alors se livrer en toute confiance.

Car c’est aussi, bien sûr, une expérience narcissique, un regard et une analyse sur leurs propres parcours. La voix posée, l’érudition, la bienveillance, les questions pertinentes, jamais intrusives de Lipton nous permettent d’aller directement à l’essentiel, même dans l’anecdote, de rire parfois et d’être ému souvent.

C’est le cas ici avec Steven Spielberg, venu s’installer sur le fameux « fauteuil » en 1999, cinq ans tout juste après la création de l’émission, d’ailleurs inspirée du « Bouillon de culture » de Pivot. Cet entretien me tient particulièrement à coeur parcequ’il dit beaucoup sur les aléas de la création et de la vie en général à travers la voix de celui qui est peut-être le réalisateur le plus connu de notre époque, avec beaucoup de dignité, une certaine timidité et énormément d’humilité.

Surtout, on sent la véritable passion qui anime Spielberg, même après quarante ans de carrière. Quand il s’exprime, c’est souvent le réalisateur qui parle, un visuel, qui réfléchit en termes de rythme, de progression, d’évènements. Majoritairement silencieux et à l’écoute, il s’enflamme tout d’un coup en racontant une histoire (l’implosion du requin sur le tournage des « Dents de la mer »), joignant le geste à la parole, et quand James Lipton lui parle de ses parents, on lit dans son regard combien vivantes son enfance et ses blessures demeurent.

C’est surtout le témoignage honnête et simple d’un réalisateur chevronné en qui Pauline Kael (voir mon article sur cette grande critique américaine ici http://lespromesses.unblog.fr/2011/04/07/pauline-kael/) avait été l’une des premières à croire, à raison bien sûr.

Le Moine

 

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J’avais lu il y a presque deux ans la réécriture très subtile, par Antonin Artaud, du fameux roman, classique de la littérature gothique anglaise, « Le Moine », de Matthew Lewis, rédigé en quelques semaines de l’an 1796 par le jeune auteur qui n’avait alors que 19 ans, et avait été charmée par cet univers âpre dans lequel se posait la question de la manipulation de l’esprit, du manque d’amour, de la sexualité et de la religion.

Aujourd’hui, Dominik Moll, le réalisateur et scénariste francais d’origine allemande, assez peu prolifique, à l’origine des très angoissants  »Lemming »(2005) et « Harry, un ami qui vous veut du bien »(2000) -qui travaillaient le suspense dans l’orfèvevrie- nous livre ce qui semble être une adaptation prometteuse de l’oeuvre de Lewis/Artaud.

Au centre de cette drôle d’histoire, basée dans l’Espagne du XVIIème siècle, le moine Ambrosio, génie de l’oration, figure charismatique et admirée de ses ouailles, qui prône l’intransigeance dans la religion et la force de la volonté face aux nombreuses tentations quotidiennes, dont le péché de chair semble être la plus dangereuse. Peu à peu, ce modèle de vertu et de force va s’effriter au gré de la folie et des rencontres.

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C’est Vincent Cassel, « déjà » naturellement tout en ambiguité et félinerie dans un physique étrange et nerveux, qui campe Ambrosio dans ce qui semble être un ovni cinématographique, plus proche de l’univers de Jodorowsky et de Kounen que d’un Xavier Beauvois avec son « Des hommes et des dieux », austère et lumineux.

Ce n’est d’ailleurs pas du tout de la même chose dont il s’agit ici. Dominik Moll a selon ses dires pris un grand plaisir à flirter avec le fantastique, comme le faisait le roman, et à s’amuser de la fraîcheur de la matière qu’il avait entre les mains, très loin de toute volonté naturaliste.

« Le Moine », à découvrir donc sur les écrans francais le 13 juillet.

La bande-annonce ici:

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Et une petite interview du réalisateur et de son acteur principal sur Inter, dans l’émission « L’été comme je suis », cette semaine, là:

http://www.franceinter.fr/emission-l-ete-comme-je-suis-l-ete-comme-je-suis-vincent-cassel-dominik-moll-et-julien-baer-en-live

 

 

Le plus bel animal du monde

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Voici l’un de ses surnoms, une des multiples définitions qu’on aura donné d’elle.

Georges Cukor avait eu ce mot:  »Ava, c’est un homme »; et la sus-nommée , qui n’aimait rien tant que la compagnie du sexe opposé, fumant cigarette sur cigarette, buvant comme quatre, friande du spectacle qu’offrait la corrida qu’elle découvrit avec son grand ami Hemingway (photo ci-dessous), de ronronner de plaisir à cette évocation.

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Pour ce qui est de « ronronner », on fait bien d’utiliser ce terme au sujet de cette créature qu’était l’actrice, sorte de chat sauvage aux yeux perpétuellement brillants, à la peau laiteuse et aux attaches graciles, une statue vivante se mouvant avec élégance et sensualité…

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Originaire du fin fond de l’Amérique-d’une famille nombreuse et pauvre du Sud des Etats-Unis dont elle trainât longtemps l’accent comme un fardeau- elle exercât toute sa vie sur ceux qui l’entouraient ce puissant charme magnétique, celui d’une magicienne en pleine possession de sa féminité, d’une indépendance de personnalité la rapprochant des grandes actrices l’ayant précédé: Bette Davis ou encore Gloria Swanson,

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partageant l’espièglerie d’une Lauren Bacall ou d’une Audrey Hepburn sans l’androgynie latente de ces dernières, loin également des standards de femme-enfant incarnés plus ou moins volontairement par les contemporaines d’Ava: Marylin ou Gene Tierney, mais souffrant toujours d’un complexe d’infériorité vis-à-vis de son éducation.

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Complexe auquel elle tentât de pallier au contact de la lecture et de certaines figures littéraires et artistiques de son époque, sans jamais pourtant trouver en elle la confiance nécessaire pour creuser ce sillon comme elle l’aurait pu. La faute peut-être aux différents maris qui partagèrent sa vie, Mickey Rooney, Frank Sinatra et Artie Shaw, figures charismatiques écrasantes qui acceptaient mal son succès ou ses élans vers la connaissance.

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Dans ses Mémoires, on découvre une femme dont la vivacité et la lucidité confinent parfois à la cruauté, dirigée contre elle-même principalement.

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Elle fait surtout preuve d’un incroyable sens de l’humour et chez celle qui aimait tant l’océan on retrouve une âme de vieux marin, écorché par la vie, amoureux d’elle, hurlant sa vérité et chez lequel la dignité revêt une place si importante qu’elle refusât à l’orée de ses 60 ans de se montrer à nouveau au public et vécut en recluse jusqu’à sa mort. 

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Un extrait de « Pandora », le premier film dans lequel Ava apparaît « en couleurs », qui vaut son pesant d’or notamment pour les sublimes scènes nocturnes, comme celle qui inaugure la vidéo ci-après:

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La sensualité au service de la dialectique, et vice-versa

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