Je suis plus qu’une dualité entre animalité et spiritualité

« (…) Si l’on examine le Loup des Steppes de ce point de vue, on comprend clairement pourquoi il souffre tant de sa dualité dérisoire.

A l’instar de Faust, il croit que deux âmes sont trop pour une seule poitrine et qu’elles risquent à coup sûr de la déchirer. Or, c’est le contraire;  elles sont en nombre bien trop réduit et Harry brusque terriblement sa pauvre âme en tentant de la saisir de manière aussi primitive. Malgré son haut degré de culture, Harry se comporte comme un sauvage qui ne sait pas compter au-delà de deux.

Il désigne une partie de lui-même par le nom d’homme; l’autre partie par celui de loup, et croit avoir réglé le problème, avoir donné une définition exhaustive de sa personne. Il fait entrer sous le nom d’ »homme » tout ce qui en lui appartient à l’ordre du spirituel, du sublime ou encore du culturel, et range sous le nom de « loup » tout ce qui est animal, sauvage et chaotique.

Dans la vie, cependant, rien n’est aussi simple que dans nos pensées, aussi sommaire que dans notre pauvre langage d’idiots.

Harry se leurre doublement en disséquant sa personne de manière si primitive. Il pense, c’est à craindre, que des régions entières de son âme ressortissent à l’homme, bien qu’elles soient loin d’être humaines.

De même, il considère que certaines parties de sa personne ressortissent au loup, alors qu’elles ont depuis longtemps dépassé le stade d’évolution de celui-ci. (…) »

Hermann Hesse, Le Loup des steppes (1927)

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