Pauline Kael

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Les chroniques américaines de Pauline Kael m’accompagnent depuis plusieurs mois, et je ne peux m’empêcher de la citer dans un sourire entendu:

« (…)For a woman to show any intelligence without being accused of unnatural agressivity, hateful vindictiveness or lesbianism. The latter accusation is generally made by men who have had a rough time in an argument »

« (Il est difficile) pour une femme de montrer la moindre intelligence sans être accusée d’agressivité inexpliquée, d’être animée d’un esprit de vengeance haineux ou d’homosexualité. Cette dernière accusation est généralement portée par des hommes ayant été mis à mal lors d’une dispute conjugale »

Elle écrivait ca en 1962, répondant au courrier plein de finesse d’un homme qui lui demandait pourquoi elle ne passait pas à la réalisation, étant donné qu’elle écrivait de si bonnes critiques de cinéma, avant d’ajouter sur un ton faussement innocent « Ah, mais j’oubliais, pour cela il vous faudrait une paire de c… » (Restons décents!)

Cette femme est si géniale qu’elle pond une lettre de réponse dénuée de toute hystérie (attendue, justement) et pleine d’humour.

Elle avait une vision unique du cinéma, une intransigeance et une ouverture d’esprit rares, qui ont aussi fait d’elle une visionnaire. Elle n’avait pas peur de parfois défendre des films grands publics snobés par l’intelegentsia New-Yorkaise quand elle y trouvait sincérement des qualités, et de descendre des « grands pontes » comme Kubrick qu’elle estimait « déshumanisé ». Elle fut aussi la première et plus fervente supportrice de la « nouvelle génération », portant à Spielberg une admiration sans bornes (sa critique des Dents de la Mer est géniale)et éblouie par le travail de Scorsese sur son deuxième long, Mean Streets.

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Elle questionnait la condamnation de la violence au cinéma (Elle fut une des seules à défendre le Bonnie and Clyde d’Arthur Penn, premier film à montrer une violence dite « gratuite » sans limites, et qui avait déclenché un grand débat au coeur de l’Amérique bien pensante), et l’omniprésence du sexe dont personne en revanche ne semblait s’indigner.

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C’est grâce à elle que j’ai vu ce bijou qu’est « John Mc Cabe » de Robert Altman, avec les magnifiques Warren Beatty et Julie Christie, et dont elle parle si bien…

Image de prévisualisation YouTube

Ses critiques étaient toujours conduites avec calme et coeur, en plus d’une parfaite culture technique et filmique. Ce cinglé de Tarantino déclara que les critiques de Pauline Kael avaient été sa seule école de cinéma. Il est intéressant de regarder les films de ce dernier au prisme de la violence au cinéma « théorisée » par Pauline Kael.

Ses Chroniques américaines et européennes (2 tomes, donc!) sont en vente dans toutes les bonnes librairies aux Editions Sonatine, et préfacées par Gilles Jacob.

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1 commentaire à “Pauline Kael”


  1. 0 Pierre 29 oct 2012 à 4:25

    Bonjour,

    J’ai une requête spéciale à vous soumettre concernant le livre de Pauline Kael !
    Pouvez-vous me contacter sur mon adresse perso ?
    Merci d’avance
    PB

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